: Saint Boniface 2003 :
Un Saint Patron pour notre temps
Le 5 juin 2003
Aujourd'hui, l'Église célèbre la fête de saint Boniface, patron de notre diocèse. Qui était cet homme?
Né d'une famille noble du Wessex à Crediton en Angleterre en 675 et baptisé sous le nom de Wynfrid (ou Wynfrith), il entre au monastère bénédictin de Nhutscelle (Nursling) et devient moine et prêtre. Dans son âme, il ressent un zèle brûlant pour la mission étrangère. Fort de la permission de son abbé, il part au printemps 716; il se dirige vers le pays des Frisons (en Frise), où le missionnaire saint Willibrord avait déjà prêché l'Évangile durant quelques années. Mais les guerres et la haine des païens sont de grands obstacles pour le jeune prêtre. Quelques mois plus tard, après différents échecs, il rentre dans son abbaye où l'abbé vient de mourir. Élu à sa place, il refuse, dans l'intention de repartir en mission.
En 718, il prend de nouveau congé, cette fois pour toujours. Jamais il ne retournera en Angleterre. Alors il part pour Rome. Au Saint Père, il désire demander mission et bénédiction. C'est ainsi que le 14 mai 719, il se jette aux pieds du Pape Grégoire II. Ce jour-là, l'Église célèbre la fête de saint Boniface, martyr très vénéré à Rome; Grégoire II donne au moine bénédictin Wynfrid le nom de ce Saint, qui signifie Bien Faire ou Bon Visage . Dès ce jour le missionnaire, dorénavant nommé Boniface, est envoyé par le Pape. C'est toute la Germanie qu'il reçoit comme champ d'apostolat.
Il traverse les Alpes et s'enfonce méthodiquement dans le pays : Frise, Hesse, Thuringe, Bavière deviennent des terres d'action apostolique intense. L'an 722 le voit de nouveau à Rome, où le 30 novembre, jour de la Saint-André, il est consacré évêque par le Pape. En 723, Boniface abat un vieux chêne, consacré à l'idole Donar (près de Fritzlar); en 725, il retourne en Thuringe. Il reste constamment en correspondance avec Rome et l'Angleterre. Le Pape Grégoire III le nomme archevêque en 732, lui confère le Pallium et lui demande d'établir la hiérarchie en Germanie. C'est ainsi qu'il fonde des évêchés (Büraberg, Erfurt, Würzburg) et met de l'ordre dans les diocèses de Bavière en procédant à la nomination de bons évêques. Pendant son troisième voyage à Rome, en 738, il devient légat apostolique du royaume des Francs. Soutenu par les princes francs, il organise des synodes réformateurs. C'est ainsi qu'il met promptement de l'ordre dans l'Église franque.
Par son disciple Sturm, il fonde l'abbaye de FULDA en 744; ce monastère sert à Boniface de lieu de repos; en effet, quand il en ressent le besoin, il se retire à Fulda, pour se reposer dans la solitude. Sa dernière volonté, exprimée dans son testament, est d'y être inhumé.
Agé d'environ 80 ans, il part de nouveau pour la Frise, le lieu de son premier effort apostolique. Sur les bords de la Borne, près de Dockum, le 5 juin 754, fête de la Pentecôte, il est massacré avec 52 compagnons par des Frisons fanatiques. Les villes d'Utrecht et de Mayence voudraient préparer le sépulture du saint martyr; mais selon son désir, il est transporté à Fulda et enseveli dans l'église du monastère, le 9 juillet 754.
De nos jours, le paisible tombeau situé dans la crypte de la Cathédrale de Fulda contient le corps du saint. C'est là que viennent se recueillir beaucoup de pèlerins, qui accourent de l'Allemagne, de l'Europe et du monde entier. Depuis au-delà de cent ans (1867), les réunions plénières de la conférence des évêques catholiques allemands ont lieu chaque année à cet endroit. Ainsi, Fulda est bien à la fois le centre et le cœur de l'Allemagne catholique.
Dans ses lettres, saint Boniface nous décrit sa mission et nous montre le courage dont nous devons faire preuve à notre tour dans notre service de l'Église : L'Église, qui navigue comme un grand vaisseau sur la mer de ce monde, qui en cette vie est battue par les flots d'épreuves de toute sorte, l'Église ne doit pas être abandonnée, mais gouverné.
Nous en avons l'exemple chez les premiers pères : Clément, Corneille et beaucoup d'autres à Rome, Cyprien à Carthage, Athanase à Alexandrie, qui, sous les empereurs païens, gouvernaient le navire du Christ, ou plutôt son épouse très chère, l'Église, en enseignant, en défendant la vérité, en peinant et en souffrant jusqu'à répandre leur sang.
En considérant ces hommes et ceux qui leur ressemblent, je suis plein d'effroi, crainte et tremblement me pénètrent et je suis comme enveloppé par les ténèbres de mes péchés. Je voudrais bien abandonner entièrement le gouvernail de l'Église qui m'a été confié, si je pouvais trouver une approbation dans les exemples des Pères ou dans la Sainte Écriture.
Restons fermes dans la justice et préparons nos âmes à l'épreuve, pour attendre que le Seigneur nous soutienne, et disons-lui : D'âge en âge, Seigneur, tu es resté notre refuge (Lettres de saint Boniface).
Emilius Goulet, p.s.s.
Archevêque de Saint-Boniface
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